Obésité infantile ...
et si on l'évitait ?
Près d'un enfant sur cinq est en surpoids entre 3 et 17 ans. L'obésité gagne du terrain, mais on peut la prévenir. Vous trouverez ici quelques clés pour l'éviter.
En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a émis de nouvelles recommandations sur le surpoids et l’obésité de l’enfant et de l’adolescent. Elle souligne l’importance des courbes de corpulence qui doivent être renseignées régulièrement dans le carnet de santé de l’enfant.
Celles-ci prennent en compte le sexe, la taille et le poids en fonction de l’âge, et peuvent alerter d’une évolution vers le surpoids ou l’obésité. Il faut surveiller la progression de la courbe et ne pas seulement se focaliser sur le poids à un moment donné.
Signes évocateurs :
- Un changement de « couloir » rapide
- Une ascension continue depuis la naissance
- Un rapport tour de taille / taille supérieur à 0,5
MECANISMES
L’offre alimentaire s’est considérablement modifiée dans les dernières décennies, ainsi que notre environnement de la vie courante, mais l’homme a du mal à adapter ses comportements. Selon le Dr. Marie-Laure Frelut, responsable de la consultation d’obésité à l’hôpital Bicêtre à Paris : " L’obésité s’acquiert progressivement quand le style de vie est inadapté. Cela peut être aussi bien une alimentation inadéquate qu’une activité physique insuffisante ". A souligner que le risque pour un enfant obèse de le rester à l’âge adulte est augmenté si l’un des deux parents l’est aussi (et davantage si les deux le sont). On sait aussi que l’obésité fait le lit du diabète et peut favoriser l’apparition d’autres maladies facteurs de risques cardio-vasculaires à l’âge adulte.
CONSEILS
Il s’agit d’adopter une alimentation équilibrée et variée, et de corriger les erreurs existantes. Aucun aliment n’est strictement interdit. En parallèle, on veillera à ce qu’il y ait suffisamment de dépenses physiques et à limiter les activités sédentaires (télévision, jeux sur écran...). Face à un surpoids on n’instaure pas de « régime amaigrissant » chez un enfant. En effet, comme il grandit, le corps puisera automatiquement dans ses réserves de graisses pour couvrir les besoins supplémentaires liés à la croissance et il s’affinera. La motivation doit venir de l’enfant. Il faut expliquer, déculpabiliser, dédramatiser et rassurer. Cette nouvelle manière de manger ne doit pas générer des frustrations, mais avant tout miser sur le plaisir, et sur la découverte de nouveaux goûts et de nouveaux aliments. Sachant que les légumes et les fruits sont les aliments les plus pauvres en énergie et très protecteurs pour la santé, il est bon d’en augmenter la consommation (minimum 5 portions par jour). Bien souvent ils ne suscitent pas l’enthousiasme chez les jeunes, on peut alors les proposer sous des formes « cachées » dans des préparations comme :
- des gratins (le flan et le gruyère ou parmesan, etc. seront alors sources de produits laitiers, à savoir que le fromage n’est pas indispensable si l’on veut économiser des calories)
- quiches
- purées composées (pommes de terre et autres légumes)
- clafoutis
- fromage blanc ou semoule avec morceaux de fruits
- salade de fruits, fruits pochés (avec ou sans sirop léger), compotes peu sucrées, smoothies ...
L' EQUILIBRE ALIMENTAIRE
On peut le considérer comme une balance qui permet d’ajuster les apports aux dépenses en énergie de l’organisme.
L’excédent d’un repas va être mis en réserve sous forme de graisse, se traduisant par une prise de poids.
L’insuffisance va engendrer une faim accrue bien souvent rattrapée sur le prochain repas, ou va entraîner des grignotages intempestifs d’aliments souvent gras et sucrés ou salés, de type viennoiseries, barres chocolatées, confiseries, petits gâteaux, chips, cacahuètes ...
Il ne faut jamais sauter de repas, comportement qui d’une part répartit de manière inadaptée les apports énergétiques par rapport aux besoins réels dans la journée, et d’autre part fait réagir le corps en augmentant le phénomène de stockage pour compenser les privations de nourriture. Il vaut mieux fractionner les apports caloriques d’une journée et veiller à prendre a minima les 3 repas principaux avec éventuellement une ou deux collations. La répartition en énergie à chaque repas est exprimée en % de l’Apport Energétique Total (A.E.T.) d’une journée :
- PETIT-DEJEUNER (20-25 % de l’A.E.T) :
Une boisson pour réhydrater le corps - un produit céréalier un produit laitier - un fruit (cru, cuit ou compote) ou jus éventuellement
- DEJEUNER (40 - 45 %) et DÎNER (35 - 40 %) :
Chacun des groupes suivants doit être représenté : féculents fruits et légumes - produits laitiers et une à deux fois par jour une portion au choix parmi les viandes, poissons, produits de la pêche, et oeufs. Compléter avec une boisson et du pain. Limiter les boissons sucrées, seule l’eau est indispensable.
Veiller à ce qu’il y ait à chaque repas au moins 1 produit laitier et 1 fruit ou légume CRU.
Méfiance : de la restauration rapide type hamburger et kebab qui sont bien trop gras et déséquilibrés (consommer occasionnellement). Préférer le sandwich complété de crudités et de produits laitiers (intégrés ou à part), et de l’équivalent d’une portion de fruit par exemple.
- GOÛTER (10 15 %)
En période de croissance, et en particulier pour maintenir un poids stable, il faut répartir les apports énergétiques et prévoir un ou deux goûters "équilibrés" par jour, à ne pas confondre avec du "grignotage". Avec une boisson, il apportera au moins deux groupes d’aliments à choisir parmi les produits laitiers, les féculents tels les pains, biscottes, madeleine, pain d’épices, semoule et riz (au lait par exemple)..., les fruits et légumes.
CALCIUM, SQUELETTE et PRISE DE POIDS
C’est pendant l’enfance et l’adolescence que l’on constitue son capital osseux pour la vie. Il est indispensable de couvrir les besoins en calcium alimentaire, soit l’équivalent de 3 puis 4 portions de produits laitiers par jour. A savoir : l’acide phosphorique est un additif (code E338) utilisé comme acidifiant dans les colas, qui a des effets négatifs sur la construction de l’os et donc à limiter fortement. De plus, outre le rôle défavorable du sucre dans l’obésité, le mélange sucre-acide favorise le développement des caries. D’autre part, des études récentes ont mis en évidence un lien positif entre une consommation suffisante de calcium et le contrôle du poids.
DES REGLES CLAIRES
Selon la pédopsychiatre Dr. Géraldine Kechid, il ne s’agit pas de mettre toute la pression sur les enfants, mais d’abord d’impliquer les parents.
S’appuyant sur un partage des "responsabilités" :
- Les parents choisissent les aliments et définissent les menus
- Les enfants gèrent la quantité de ce qu’ils mangent, car à ces âges ils sont encore en capacité de ne manger que ce qu’il leur faut, s’ils restent à l’écoute de leur appétit. Celui-ci peut varier de manière significative selon les journées ou selon les repas. Cette capacité disparaît à l’âge adulte.
Certains principes élémentaires sont souvent oubliés :
- Manger calmement, se prendre le temps, et privilégier une ambiance conviviale
- Ne pas manger devant un écran (télévision ou ordinateur) qui on le sait, fait machinalement consommer de plus grandes quantités et empêche de savourer ce que l’on mange.
- L’activité physique améliore l’ensemble du fonctionnement du corps et joue très activement sur le contrôle du poids, ainsi qu’un sommeil suffisant.
CONCLUSION
Le respect de tous ces conseils permet de prévenir le surpoids et l’obésité. Lorsqu’elle est déjà installée, il est recommandé de se faire accompagner par un professionnel (diététicien ou nutritionniste ou médecin). N’hésitez pas à consulter le Plan Obésité lancé par l’Etat où vous trouverez des informations complémentaires.
Pour en savoir plus :
- Plan Obésité 2010 2013 , document téléchargeable sur www.sante.gouv.fr, et disponible à l’Espace Régional de Documentation
OUVRAGES
- Prévenir l’obésité chez les enfants : une question d’équilibre / CYR Renée. Edition Sainte-Justine, 2009.
- Alimentation de l’enfant et de l’adolescent/Ministère de la santé et de la protection sociale. Cerin, 2004.
- Guide de l’alimentation de l’enfant : de la conception à l’adolescence/ FRICKER Jacques, DARTOIS Anne-Marie, DU FRAYSSEIX Marielle. Odile Jacob, 1998.
- Tatoucha le gros chat / BERREBY Patricia. Anabet, 2006.
BROCHURES / DEPLIANTS